Changement climatique

Rapport de synthèse du GIEC : la révolution ou le déluge ?

La semaine dernière, le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) dévoilait un rapport de synthèse recensant les principales conclusions de ses travaux menés depuis 2015. La donne est claire : si l’humanité fait fausse route, des moyens d’enrayer le réchauffement mondial existent. En attendant un véritable tournant politique, la fenêtre d’opportunité pour sécuriser un avenir durable et digne d’être vécu se referme toutefois dangereusement.

Image de couverture. Vue d'ensemble des septs rapports publiés par le GIEC au cours de son sixième cycle d'évaluation (2015-2023).

Neuf ans de travail et sept rapports plus tard : le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) a conclu dimanche 19 mars à Interlaken son sixième cycle d’évaluation (2015-2023) par l’adoption du traditionnel rapport de synthèse.

Approuvé à l’unanimité par les gouvernements participants, en consultation avec ses auteurs, ce dernier se fonde sur les enseignements majeurs du sixième rapport d’évaluation (AR6) – dont les trois volets ont été publiés indépendamment entre 2021 et 2022 – ainsi que des trois rapports spéciaux sortis en 2018 et 2019 (cf. image de couverture). Des travaux colossaux rédigés par trois Groupe de travail, soit au total plus de 1000 scientifiques du monde entier, qui ont examiné plus de 85’000 publications et pris en compte plus de 300’000 commentaires de relecture. Cette synthèse constitue à ce jour le panorama le plus récent de la science afférente au changement climatique.

Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) a été créé en 1988 sous l’égide de l’Organisation météorologique mondiale et du Programme des Nations unies pour l’environnement. Composé de 195 États membres, l’organisme a pour mission de fournir des évaluations détaillées de l’état des connaissances scientifiques, techniques et socio-économiques sur les changements climatiques, leurs causes, leurs répercussions potentielles et les stratégies de parade. À noter que dans son examen, le GIEC tient compte de l’ensemble des contributions relatives au changement climatique, y compris celles qui tentent de remettre en question son existence ou ses causes anthropiques, pour autant qu’elles aient été publiées dans une revue spécialisée et, par conséquent, soumises à la critique de pairs. Ce travail titanesque est mené par des milliers de scientifiques de la planète qui y participent sur une base volontaire, tant comme auteurs, qu’en qualité de collaborateurs ou d’examinateurs.

Le GIEC est organisé en trois Groupes de travail (Working Group): le Groupe I (WGI), chargé de mettre à jour l’état des connaissances scientifiques et de la compréhension physique du climat ; le Groupe II (WGII), centré sur l’évaluation des impacts, de l’adaptation et de la vulnérabilité des sociétés humaines et des écosystèmes au changement climatique ; et enfin le Groupe III (WGIII), qui traite des solutions à disposition pour atténuer le réchauffement planétaire d’origine humaine.

D’une longueur de trente-six pages dans sa version abrégée destinée aux décideurs politiques (« Summary for policymakers » ou SMP), le rapport est structuré en trois parties : une description de la situation actuelle et des tendances (« A. Current Status and Trends ») ; une présentation des changements climatiques futurs, des risques et des réponses à long terme (« B. Future Climate Change, Risks, and Long-Term Responses ») ; et enfin l’exposition des réponses envisageables à court terme (« C. Responses in the Near Term »).

La situation actuelle au plan mondial et les tendances

 

Le constat du GIEC est sans appel : les activités humaines sont sans équivoque à l’origine du réchauffement mondial observé, essentiellement en raison des émissions de gaz à effet de serre (GES) qu’elles produisent. Au cours de la décennie 2011-2020, la hausse de la température moyenne globale atteint +1,1°C par rapport à l’ère préindustrielle (1850-1900). Un réchauffement qui, sur les cinquante dernières années, accélère à un rythme inouï depuis 2000 ans.

Malgré les progrès de l’action pour le climat, son rythme et son ampleur demeurent néanmoins nettement insuffisantes pour limiter les risques liés au changement climatique. En effet, la concentration atmosphérique de dioxyde de carbone (CO2) et de méthane (CH4), qui constituent respectivement le premier et le second facteur du réchauffement planétaire à ce jour, ne cesse d’augmenter. Mesurée à 410 partie par million (ppm) en 2019, la teneur en CO2 atteignait ainsi un niveau sans précédent en 2 millions d’années. De même pour le méthane, qui avec respectivement 1866 ppm, ralliait un seuil jamais atteint depuis au moins 800’000 ans. Pire, ces records ont depuis lors déjà été battus.

Sur le banc des accusés, on retrouve des tendances insoutenables dans l’utilisation de l’énergie, dans l’usage des terres, dans les modes de production et de consommation ainsi que dans les styles de vie. En 2019, environ 79 % des émissions mondiales de GES provenaient des secteurs de l’énergie, de l’industrie, des transports et du bâtiment et 22 % de l’agriculture, de la foresterie et d’autres usages des terres (AFOLU). Que ce soit historiquement ou actuellement, le GIEC rappelle en outre que la contribution aux émissions mondiales est très inégalement distribuée entre région du monde, entre pays et au sein même de chaque pays.

Ces chiffres inquiétants ne sont pas seulement théoriques, ils se traduisent dramatiquement sur le terrain (cf. Figure 1 let. a et b). Se répercutant sur l’ensemble des composantes du système climatique, l’élévation de la température renforce la fréquence et l’intensité d’évènements extrêmes comme les vagues de chaleur, les sécheresses, les cyclones tropicaux ou les pluies extrêmes. Le changement climatique a des incidences particulièrement graves pour la biodiversité, avec une généralisation de pertes et dommages irréversibles pour les écosystèmes aquatiques, marins ou terrestres. Ainsi certains d’entre eux sont particulièrement dégradés par la hausse des température, avec des évènements de mortalité massive d’espèces animales ou végétales enregistrés sur terre et dans le océans, une phénologie et des aires de répartition gravement affectées, et dans le pire des cas, des extinctions. Pour d’autres, les impacts de la fonte du pergélisol arctique et du recul des glaciers sont en passe d’atteindre un point de non-retour.
 
L’humanité n’est pas en reste, elle dont la survie dépend étroitement de la bonne santé des écosystèmes. Les experts évaluent approximativement entre 3,3 et 3,6 milliards le nombre d’individus vivant dans des contextes très vulnérables. Car le changement climatique réduit la sécurité alimentaire et dégrade l’accès à l’eau, tandis que les épisodes de chaleur extrême qu’il impose augmentent les risques de maladie ainsi que le taux de mortalité. Il peut entrainer une perte des moyens de subsistance et de cultures, devenant de ce fait un puissant facteur de migration. Les évènements extrêmes et les canicules sont également source de traumatismes ou d’atteintes à la santé mentale. Comble de l’injustice, si aucune région du monde n’est épargnée, ce sont les communautés les plus vulnérables, celle ayant le moins contribué à l’avènement du changement climatique, qui sont affectées de manière disproportionnée par les bouleversements qu’il cause.
 
Au milieu de ce bilan fort peu réjouissant, le rapport souligne que, loin d’être gravé dans le marbre, l’avenir se joue dès à présent : les choix politiques effectués aujourd’hui et à court terme décideront quel type de monde, assurément plus chaud et différent, sera laissé aux générations actuelles et futures (cf. Figure 1 let. c).
 
IPCC_AR6_SYR_SPM_Figure1.png. Les effets néfastes du changement climatique vont continuer à s’intensifier : a) Impacts étendus et substantiels observés et pertes et dommages connexes attribués au changement climatique ; b) Impacts dus à des changements dans de multiples conditions climatiques physiques, de plus en plus souvent attribués à l’influence de l’homme ; c) mesure dans laquelle les générations actuelles et futures connaîtront un monde plus chaud et différent dépend des choix effectués aujourd’hui et à court terme. Les différents degrés de réponses apportées sont représentés ici par cinq scénarios d’émissions.
À cet égard, les formes d’action de la lutte contre le changement climatique ont une importance cardinale. À côté de l’atténuation, c’est-à-dire la réduction des émissions de GES, l’adaptation en est un rouage essentielle. La planification et la mise en œuvre d’options d’adaptation au changement climatique ont ainsi connu des avancées dans toutes les régions et tous les secteurs, avec des bénéfices documentés et une efficacité variable. Des lacunes persistent néanmoins et continueront de s’aggraver au rythme actuel d’implémentation, jugé trop faible. La maladaptation sévit par ailleurs dans certains secteurs et certaines régions du globe. Le GIEC rappelle que l’adaptation ne peut en aucun cas prévenir tous les dégâts causés par le changement climatique. À mesure que le climat se réchauffe, elle sera même de plus en plus difficile, tandis que certains systèmes naturels et humains ont d’ores et déjà atteint leurs limites en termes de capacités adaptatives. D’où l’importance de tenir les deux bouts, en combinant atténuation et adaptation. Pour l’instant, les flux financiers consacrés au climat sont toutefois extrêmement insuffisants, en témoigne le simple fait qu’ils demeurent pour l’instant nettement inférieurs à ceux dédiés aux énergies fossiles.

 

 

Les changements climatiques futurs, risques et réponses à long terme

 
Stabiliser la température mondiale implique d’atteindre zéro émission net de C02 et de réduire drastiquement les émissions des autres GES comme le méthane. À quel horizon temporel ? Aucune échéance fixée, mais le plus tôt possible car, dans l’intervalle, la poursuite des émissions amplifiera la hausse de la température globale. Pour les scénarios examinés, la meilleure estimation projette à l’heure actuelle un réchauffement de +1,5°C pour le début de la décennie 2030.
 
Des projections peu rassurantes dès lors que chaque fraction de réchauffement supplémentaire intensifiera les risques climatiques multiples et simultanés. Les changements régionaux de climat moyen et d’extrêmes deviendront plus généralisés et plus prononcés (Cf. Figure 2 et Figure 4 let.a). Les vagues de chaleur et les sécheresses cumulées seront par exemple plus fréquentes, y compris les évènements simultanés sur plusieurs sites. Chaque fraction de degré en plus provoquera également une augmentation des risques pour la santé, une aggravation des impacts sur les écosystèmes (Cf. Figure 3 let. a et b et Figure 4 let. b et c), une perte d’efficacité des options d’adaptation basées sur ces écosystèmes mais aussi de la capacité de stockage des puits naturels de carbone comme les océans. Des risques croissants pour la sécurité alimentaire sont également attendus, mais leur survenance dépendra aussi fortement des choix socio-économiques effectués (Cf. Figure 3 c et Figure 4 let. d).
 
IPCC_AR6_SYR_SPM_Figure2. Sont projetés ici les changements de la température maximale journalière annuelle, de l’humidité totale moyenne annuelle de la colonne du sol et des précipitations annuelles maximales sur un jour dans un monde à +1,5°C, +2°C, +3°C, et +4°C par rapport à 1850-1900.
IPCC_AR6_SYR_SPM_Figure3
IPCC_AR6_SYR_SPM_Figure4

Petit motif d’espoir, au milieu de cet océan de désolation ? Des réductions fortes, rapides et durables des émissions de gaz à effet de serre pourraient néanmoins conduire à un ralentissement du réchauffement climatique, dont les effets seraient discernables en l’espace de deux décennies environ. Autre bénéfice escomptable de pareille entreprise : la possibilité de respirer une qualité d’air supérieure en quelques années déjà. De quoi motiver l’action et abandonner les postures fatalistes du type « on est foutu » ou « c’est trop tard » : certes les dommages sont substantiels, beaucoup de pertes définitives, mais en évitant le moindre degré de réchauffement supplémentaire, seront préservées les conditions de vie de milliards d’individus, humains et non-humains.

Le défi n’en demeure pas moins gigantesque ; les émissions de GES ont continué d’augmenter entre 2015 et 2019. Par ailleurs, si le rythme actuel des émissions annuelles est maintenu au cours de la décennie, les budgets carbone résiduels permettant de limiter le réchauffement climatique  à +1,5°C, conformément à l’Accord de Paris, seront bientôt épuisé et ceux pour 2°C largement entamés. Pire, les émissions cumulées de CO2 prévues pour la durée de vie des infrastructures de combustibles fossiles existantes et planifiées, en admettant que les schémas de fonctionnement historiques de ces dernières soient maintenus, sont approximativement égales au budget carbone restant pour limiter le réchauffement à +2°C avec une probabilité de 83%. En clair, maintenir les installations d’exploitation des fossiles existantes pour toute leur durée de vie, sans renoncer à celles projetées, équivaut de facto à entériner un réchauffement supérieur à +1,5°C. Une folie au vu des dangers courus ! L’insuffisance des politiques publiques actuelles est donc manifeste et, en l’état, conduirait à dépasser les +1,5°C dans les années 2030, les +2°C dans les années 2050  et à approcher les +3°C en fin de siècle.
 

Réponses envisageables à court terme

 
Quels moyens d’actions dès lors pour inverser la tendance ? Le changement climatique est une menace pour le bien-être humain et la santé de la planète. Il est urgent d’entreprendre des actions multiscalaires et immédiates pour atteindre la neutralité carbone car la fenêtre d’opportunité pour sécuriser un avenir durable et vivable pour tous se referme rapidement. L’engagement dans des réductions massives, rapides et profondes des GES est donc impératif (cf. Figure 5).
 
IPCC_AR6_SYR_SPM_Figure5.png. Trajectoires d’émissions globales d’après les mesures d’atténuation mises en œuvre.
Des multiples possibilités sont disponibles pour renforcer la résilience et lutter contre le changement climatique, en agissant notamment sur le système énergétique, le système alimentaire, la gestion de l’eau et des terres, les infrastructures urbaines, la santé, l’industrie, les déchets, l’organisation de la société et les dispositifs de protection sociale (cf. Figure 7 let. a). La transition doit donc être réalisée à toutes les échelles et dans tous les secteurs ; elle nécessite une réorientation et une augmentation des financements. Pour cela, les décideurs peuvent aussi compter sur le fort potentiel d’atténuation qu’offre la sobriété. En effet, celle-ci est pour la première fois mentionnée comme un levier d’action : le GIEC l’a défini comme « un ensemble de mesures et de pratiques quotidiennes qui évitent la demande d’énergie, de matériaux, de terres et d’eau tout en assurant le bien-être humain pour tous dans les limites de la planète ». Son potentiel de réduction des émissions atteint jusqu’à 60%, voire 70%, en fonction des secteurs (cf. Figure 7 let. b).
 
IPCC_AR6_SYR_SPM_Figure7
Enfin, le GIEC conclut sur la nécessité de donner la priorité à l’équité, à la justice sociale et climatique, à l’inclusivité et a des processus de transition justes pour faciliter l’adoption de mesures d’atténuation et d’adaptation et un développement résilient face au changement climatique. Le partage des connaissances et la coopération interétatique, notamment par des transferts de technologie, sont fondamentaux.
 
 
 

La nécessaire révolution

 
Après lecture de ce rapport, passé le sentiment de gratitude éprouvé envers la communauté scientifique mondiale et le travail magistral qu’elle accomplit, subsiste une interrogation légitime : si bien informés que nous soyons, comment se fait-il que nous courrions tête baissée vers la catastrophe ? On se remémore alors une donnée essentielle, susceptible de répondre à cette question : nous vivons dans un monde capitaliste. Et le prédicat en l’occurrence est loin d’être anecdotique. Car si lire les travaux du GIEC est un préalable essentiel à la compréhension scientifique du changement climatique, lire Marx l’est tout autant à son appréhension politique.
 
En effet, peut-on seulement imaginer un instant les classes dirigeantes bourgeoises du monde entier mettre en branle autre chose qu’une transition écologique de pacotille, dépourvue du sérieux, de l’immédiateté et de la radicalité nécessaires pour lutter efficacement contre le réchauffement global ? La réponse est non, impossible. Impossible, sauf à omettre naïvement leurs décennies d’inaction politique en la matière. Sauf à oublier que dans la célèbre formule gramscienne, « l’optimisme de la volonté » ne va pas sans « le pessimisme de l’intelligence ». Or, en l’espèce, l’intelligence, ou la raison, commande d’admettre que le capital n’a aucun intérêt à ce que le monde change, bien au contraire. La production entre ses mains, il préfère décider seul de ses modalités et finalités. L’histoire l’atteste, le capital ne craint pas de provoquer le chaos tant qu’il y trouve son compte.
 
Plutôt que la collaboration entre pays égaux, ce sont les velléités impérialistes des États capitalistes avancés – ex-colonisateurs occidentaux en déclin, puissances émergentes ou exploiteurs masqués comme la Suisse – qui continueront de dicter la politique internationale, en s’enrichissant sur le dos des nations dominées, des travailleurs étrangers sous-payés, et en méprisant toute considération environnementale. Derrière leur greenwashing constant, les majors du pétrole ne lâcheront rien de leur industrie écocidaire si profitable, les géants de l’agro-alimentaire rien de leur monopole sur les semences ou de leur pesticides polluants.
 
Attendre que les capitalistes concourent à la réduction drastique des émissions de GES ; qu’ils se passent, dans l’intérêt commun, de l’utilisation des combustibles fossiles et sapent ainsi les conditions déterminantes à leur processus d’accumulation et de croissance infinie, c’est croire à un miracle qui n’aura pas lieu. C’est un doux rêve que partagent les chantres de l’écologie libérale et technosolutionniste, les bureaucrates hors-sol des institutions internationales et les crétins aveugles de la social-démocratie. Ni plus ni moins que le fantasme de tous ceux dont le raisonnement pêche par déni des limites physiques de notre planète ou par angélisme politique. Sur ce dernier point, comme le remarquait très justement Lénine, « les faits sont têtus », et l’on sait très bien, dans le monde réel, en quoi consiste la réaction du capital à la moindre initiative écologique contrariant ses intérêts :  à grand renfort de lobbying et en misant sur le zèle et l’arrivisme de ses fondés de pouvoir gouvernementaux, il court-circuite la mesure envisagée, la travestit jusqu’à la plus parfaite innocuité.
 
Car la « démocratie », la classe dirigeante est drôlement pour, à condition que prévale sa vision des choses. Et si des voix dissidentes s’élèvent, si la colère de la jeunesse dont le monde brûle sous ses yeux impuissants éclate enfin – si ces frustrations, en définitive, se manifestent autrement que par le biais des courroies d’expression stériles de la « démocratie libérale », la bourgeoisie recourt alors à ses deux armes favorites pour les délégitimer : la répression policière et le lynchage médiatique.
 
Au vu de ces obstacles, on ne peut que constater l’impasse politique dans laquelle la voie institutionnelle condamne l’humanité. D’ici l’avènement d’un sursaut politique impulsé par « le haut », nous aurons sûrement le temps de brûler trois fois. L’écologie n’a rien à gagner dans l’énième interpellation de l’État ou les vaines supplications tentant de responsabiliser les capitalistes.
 
Elle a tout à gagner à préparer la révolution. La véritable révolution – celle qui viendra du « bas », celle qui sera conséquente. Celle qui ne se contentera pas d’être écologique, mais qui embrassera la cause des travailleurs exploités, celle qui sera féministe et antiraciste. La révolution comme processus par lequel, sous des formes inédites, est réappropriée la politique en tant que capacité d’agir sur notre destin. Traduite dans nos configurations historiques, la révolution socialiste comme reprise du pouvoir politique et économique que la bourgeoisie a odieusement pris en otage et comme création des structures institutionnelles qui garantiront enfin une société écologique, égalitaire et démocratique. 
 
Une ambition, un impératif plutôt, qui doit s’incarner dans un mouvement politique révolutionnaire, encore à construire, mais qui, pourvu qu’il s’auto-organise et coordonne son action, sera en mesure de capter la colère, la déception et la tristesse de la masse des exploités, des opprimés et des déserteurs que le capitalisme engendre à l’infini. Recueillir cette révolte sociale pour la structurer et la transformer en énergie révolutionnaire orientée vers des objectifs clairs et à même de renverser la table, voilà le travail politique décisif que doit/doivent poursuivre cette/ces organisation/s.
 

« Après moi, le déluge », telle est la devise que Marx attribuait à tout capitaliste. Plus d’un siècle et demi plus tard, force est de constater que le désastre écologique en cours n’en est hélas que la plus parfaite illustration et que, loin des illusions pariant sur la bonne foi des bourgeois, seule la puissance des masses devenues révolutionnaires est de taille à l’arrêter.

 
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